Féminiser le monde
La mixité crée de la valeur à tous points de vue. On plonge ?
🎧 Newsletter aussi dispo en podcast en cliquant ci-dessus, ou sur Spotify, Deezer, Apple, Youtube ici :)
Hello les plongeurs,
Je suis loin d’être un exemple. Je n’écris pas de manière inclusive, et il n’y a pas assez de femmes mises en avant dans Le Plongeoir. Mais j’y pensais de plus en plus alors j’ai utilisé ma méthode favorite : écrire une newsletter ;)
J’ai découvert un enjeu dingue : celui de mieux relier les femmes et les sciences…
J’ai écrit ce sujet grâce au soutien de Goodvest, qui pour le coup est un vrai exemple de parité (50% de clientes).
Leur prochain évènement “Elles investissent !” est canon.
Le partenaire du jour : Goodvest
Peu de femmes investissent. Pourtant la dernière étude de l’AMF le montre, elles sont meilleures que les hommes :
Plus patientes et plus cohérentes.
Elles surperforment sur le long terme.
Le problème ? La finance est un monde trop masculin, et ça impacte leur confiance en elles.
Goodvest souhaite que ça change, d’où leur évènement “Elles investissent". Le prochain a lieu le 2 juin prochain.
Pour que les femmes reprennent le contrôle de leur matrimoine ;)
Tu t’inscris ?
Si tu as 30 secondes
💛 Avant de commencer, si tu travailles dans l’immobilier il faut absolument que tu regardes ça. On organise Le Plongeoir Live Immobilier les 2/3 juillet :)
Allez c’est parti :
Constat 🧐 : 80% des jobs sont soit exercés par une grande majorité d’hommes, soit par une grande majorité de femmes. On est conditionnés dès la naissance à ça, et les impacts sont massifs. Pourtant la mixité crée de la valeur financière, c’est prouvé. Et les femmes au pouvoir prennent beaucoup plus soin du monde. Prouvé aussi !
Sujet 🤓 : Certains stéréotypes destructeurs pour la place des femmes irriguent tous nos comportements au quotidien. Tu vas voir, c’est fou comme c’est puissant et insidieux. On prend les 3 plus intenses, et on les creuse dans le détail :
“Les filles sont moins bonnes en maths.”
“Les filles sont moins faites pour les sciences.”
“Les filles n’aiment pas la compétition et le risque. Et elles ont moins confiance en elles.”
Défis 🤝 : Des inspirations passionnantes existent évidemment. 6 leviers permettraient de changer la donne. Varier les activités des enfants, changer les contenus digitaux, sensibiliser les enseignants et les parents, agir sur l’orientation, mettre en avant les femmes scientifiques et agir (vraiment) dans les lieux de travail. Allez, on y va ?
Merci à Emmanuelle Larroque pour la co-écriture. Emmanuelle a écrit le livre « Tu seras scientifique, ma fille ! » chez Vuibert. C’est une super entrepreneure engagée pour l’égalité. Elle a fondé l’asso Social Builder il y a déjà 13 ans, pour insérer plus de femmes dans les secteurs techniques d’avenir.
Merci aussi à Julie pour son aide précieuse ;)
Psssst : Si tu préfères écouter cette newsletter plutôt que la lire, je te la raconte ici en podcast.
Si tu as 15 minutes
Au programme :
Constat : Il faut plus de mixité.
Sujet : 3 stéréotypes destructeurs.
Défis : 6 leviers à actionner.
La newsletter sera coupée avant la fin et tu louperas l’essentiel, alors lis-la en ligne ;)
1. Constat 🧐 : Il faut plus de mixité.
Les grandes personnes aiment les chiffres
24 % : part des femmes dans les métiers du numérique en France. Pour quelle raison les hommes y seraient en supériorité numérique ?
95 % : par des femmes dans les métiers de l’aide à domicile. Un homme ne pourrait pas prendre soin de quelqu’un d’autre ?
Une personne sur cinq seulement exerce un métier dit “mixte”. C’est fou ! La plupart des métiers sont occupés soit par une grande majorité d’hommes, soit par une grande majorité de femmes.
Je ne sais pas toi, mais je trouve ça dingue ce conditionnement en 2026. Surtout qu’il a un impact massif sur la société :
Les femmes ne représentaient en 2025 que 7,5% des 80 postes de président ou directeur général des entreprises du CAC 40. Coq 40 ?
Les choix d’orientation des filles et des garçons pèsent pour la moitié des écarts de rémunération entre les femmes et les hommes. Parce que malheureusement les métiers du “care” sont moins bien payés que les métiers de la “tech” par exemple.
La différence de salaires annuels en équivalent temps plein est de 15 % en défaveur des femmes en 2022. L’écart monte à 19.6% dans la Tech et à 21.7% chez les ingés.
Alors on peut se poser une question.
Ça ressemblerait à quoi un monde dans lequel on a laissé beaucoup plus de place aux femmes dans les postes stratégiques ?
La mixité crée de la valeur
Quand on creuse, on prend conscience de deux évidences.
Évidence 1 : la mixité crée de la performance.
Les études s’enchaînent pour montrer qu’un groupe mixte est plus performant qu’un groupe d’hommes :
Les travaux de recherche effectués par des équipes qui comportent des femmes sont de meilleure qualité scientifique. C’est prouvé.
La présence des femmes dans les directions des boîtes permet plus de performance organisationnelle et financière. Prouvé de nouveau.
Un euro investi dans une startup dirigée par des femmes génère au moins de 2 fois plus de rendement qu’un euro investi dans une startup dirigée par des hommes. Et hop, encore prouvé.
Parmi toutes les entreprises dans lesquelles Lita a investi, 70% sont cofondées par des hommes. Mais parmi les 8 entreprises qui ont été vendues pour le moment suite à un beau développement, 7 ont une femme comme fondatrice ou cofondatrice. Pour nous, avoir une femme comme cofondatrice est une grosse clef de performance.
Julien Benayoun, cofondateur Lita (financement d’entreprises à impact), lors du dernier Plongeoir Live Finance.
Évidence 2 : la mixité crée un monde plus cool.
Une étude a démontré que plus il y a de femmes qui siègent dans les parlements nationaux, plus la lutte contre le changement climatique est efficace.
C’est génial non ?
D’ailleurs ça se vérifie dans les projets les plus engagés. Le monde de la finance personnelle est historiquement très masculin. Mais Goodvest a plus de femmes que d’hommes parmi ses 15 000 clients, parce que c’est de l’épargne engagée. Pareil pour Team For The Planet qui compte plus d’associées que d’associés.
Quand on comprend ça, on a envie de donner les clefs du camion aux femmes sur des sujets clefs comme :
La direction des grosses boîtes. Ce qu’il faut retenir là-dessus c’est que ça progresse mais qu’il y a un plafond de verre :
La loi Copé-Zimmermann a imposé 40% de femmes dans les conseils d’administration en 2011. Ça a marché : elles sont 45,9% aujourd’hui.
Il y avait 6% de femmes parmi les comités exécutifs du CAC 40 en 2008. C’est quand même 29% aujourd’hui !
Depuis le 1er mars 2026, la loi Rixain impose aux entreprises de plus de 1 000 salariés d’atteindre au moins 30 % de femmes et 30 % d’hommes parmi leurs cadres dirigeants. Ça bouge :)
Par contre les femmes ne sont toujours que 7,5% à être DG ou Président dans le CAC 40. C’est le prochain défi !
Le développement des technologies de demain, comme l’IA.
Parce qu’il y a 90% d’hommes à la tête des startups du numérique en France par exemple.
Et que la Silicon Valley est championne des discriminations. Il y a globalement 4 fois plus que d’hommes que de femmes dans le développement de l’IA.
Alors, chiche de changer tout ça ?
Commençons par comprendre d’où vient le problème.
2. Sujet 🤓 : 3 stéréotypes destructeurs.
Beaucoup de personnes pensent que les femmes ne se tournent pas vers la tech ou vers la direction des entreprises parce qu’elles s’autocensurent.
Mais quand on creuse, on se rend compte que c’est faux. Le vrai sujet est ailleurs, et il est beaucoup plus insidieux. Alors je te propose qu’on parte enquêter. On a décidé de décrypter 3 stéréotypes bien installés :
“Les filles sont moins bonnes en maths.”
“Les filles sont moins faites pour les sciences.”
“Les filles n’aiment pas la compétition et le risque. Et elles ont moins confiance en elles.”
C’est parti :)
Stéréotype 1 : « les filles sont moins bonnes en maths ».
Les filles ont des notes en maths légèrement inférieures à celles des garçons. C’est vrai. Mais est-ce que c’est parce qu’elles sont moins bonnes en maths ?
À partir de 7 ans, l’écart en maths se creuse entre les filles et les garçons.
D’un côté je trouve ça super tôt (en fin de CP).
Mais de l’autre si ça n’arrive qu’à 7 ans… c’est que ça n’est pas non plus inné ?
La seule différence que l’on constate entre le cerveau d’un garçon et celui d’une fille est l’hypothalamus, région du cerveau spécialisée dans le contrôle des fonctions liées à la reproduction. Il est donc avéré que les potentialités du cerveau d’un homme et d’une femme sont biologiquement à la naissance les mêmes.
Catherine Vidal, directrice de recherche à l’Institut Pasteur et neurobiologiste.
Mais alors qu’est-ce qu’il se passe entre la naissance et 7 ans pour qu’une fille devienne moins bonne en maths ?
Il faut savoir que c’est environ à deux ans et demi qu’un enfant arrive à s’identifier comme garçon ou fille.
Mais on le sait tous : notre environnement est sexué dès la naissance. De la couleur des vêtements au choix des jouets, en passant par les interactions naturelles qu’on a avec un enfant sans en prendre conscience. L’impact de tout ça a été prouvé en 2013.
Le résultat de ce conditionnement ? Une petite fille de 7 ans a plus facilement confiance en sa capacité à dessiner qu’à additionner.
Un exemple est fascinant :
En 2007, des scientifiques font passer le même test de maths à des enfants de 6e et de 5e :
Quand on le présente comme de la géométrie, les filles sous-performent.
Quand on le présente comme du dessin, les filles ont le même niveau.
C’est dingue l’impact que ça a ensuite sur la vie des enfants.
L’UNICEF a vérifié ça via une étude dans plus de 100 pays. Les garçons ont 1,3 fois plus de chances que les filles d’acquérir des compétences en maths. Surtout à cause du stéréotype qui pousse à croire que les filles auraient moins de capacités.
Une fois qu’on a compris ça, tout déroule :
8 % des filles en terminale générale prennent l’option maths expertes, contre 22 % de garçons (en 2021).
Il y a 29 % de femmes parmi les étudiants dans les écoles d’ingénieur (toujours en 2021).
40 % des femmes en filières science, technologie, ingénierie, mathématiques, déclarent avoir été découragées d’aller vers les domaines techniques par un parent ou un enseignant (vs 29 % des hommes). C’est terrible.
Les filles se débrouillent parfaitement en maths si on ne leur sape pas la planche. Il suffit de regarder les résultats au bac :
98 % de réussite chez les filles qui choisissent les spécialités maths expertes et physique-chimie.
97% chez les garçons.
Alors les amis, soignons les cours de maths de nos filles et ayons confiance en elles ;)
Inspiration
Tu connais peut-être l’EPF (École Polytechnique Féminine). Elle avait été créée en 1925 alors que les autres écoles d’ingénieur étaient fermées aux femmes. Aujourd’hui l’école accueille bien plus d’hommes que de femmes, et ils se donnent l’objectif d’atteindre la parité en 2028.
Pour cela, ils ont lancé un projet assez passionnant : le Paritylab. L’idée a été d’adapter les critères de sélection. Pas pour faire de la discrimination positive. Mais pour dire “Puisque la société éloigne naturellement les femmes des maths dès 7 ans, créons un examen exigeant mais qui les favorise autant que les garçons, ce qui n’est pas le cas des maths.” Résultat : +10% de femmes dans l’école dès la première année du projet.
Intéressant !
Stéréotype 2 : “Les filles sont moins faites pour les sciences.”
Je te propose qu’on commence par rigoler (jaune) un peu.
En 2014, le New York times révèle 2 stats folles sur les recherches Google :
Les parents tapent deux fois plus la question “mon fils est-il un génie ?” que “ma fille est-elle une génie ?”.
Les parents tapent deux fois plus “ma fille est-elle en surpoids ?” que “mon fils est-il en surpoids ?”.
C’est grave de voir à quel point l’humain a naturellement tendance à projeter plus de potentiel dans un fils que dans une fille. C’est de moins en moins le cas heureusement, mais ce stéréotype a la vie dure.
Une bonne manière de comprendre ce conditionnement social est de regarder un peu dans le rétro.
Au début du XXe siècle, c’était clairement transgressif pour une femme de chercher à devenir médecin, pharmacien ou vétérinaire.
Les femmes sont aujourd’hui majoritaires chez les médecins (52%), les pharmaciens (67%) et les vétérinaires (60%).
Ça prouve bien que les femmes sont tout aussi capées pour exceller dans les domaines scientifiques que les hommes.
Mais tout ça ne s’est pas fait dans la joie et la bonne humeur. Les femmes ont eu accès à l’université de médecine en 1867, et elles ont dû se battre. Elles ont même vécu des sabotages et des jets de pommes cuites pendant la première année…
Malgré ces difficultés au 19e, les métiers scientifiques du soin (médecine, véto, agro) ont pu se féminiser plus rapidement. Ces métiers ont été vus comme la continuité des rôles féminins de soin et d’assistance.
Alors quelle est la suite de l’histoire ?
Plus de mixité dans les métiers technologiques. L’exemple de l’informatique est passionnant, je te raconte :
Dans les années 60, les femmes représentent la moitié des effectifs du secteur informatique. Tu savais ça ?
Elles ont joué un rôle énorme. Margaret Hamilton a par exemple conçu le système embarqué du programme spatial Apollo 11. Grâce à ça, des hommes se sont posés sur la Lune, le 21 juillet 1969.
Les femmes restent majoritaires dans l’informatique jusqu’aux années 80… puis c’est la dégringolade. Au global, les femmes représentent 24 % des métiers du numérique aujourd’hui.
On dirait que dès qu’un secteur devient stratégique, les hommes deviennent majoritaires.
Les hommes restent ultra-majoritaires (70%) parmi les postes stratégiques de PUPH (professeurs hospitaliers) même si la médecine est très féminisée.
En 1960, l’informatique n’était pas encore le cœur du réacteur business, les femmes y trouvaient leur rôle. Plus le monde a été gouverné par la Tech, plus les hommes ont pris leur place.
Inspiration
Emmanuelle (co-autrice de cette newsletter) a créé Social Builder en 2011. Ils accompagnent la reconversion des femmes dans le numérique. Leur idée est qu’on peut se former à des compétences techniques tout au long de la vie. Surtout à une époque où la génération Z changera 5 à 9 fois de métier dans sa vie.
Leur prochain évènement TechBooster rassemblera 10 000 femmes les 3/4 juin ! Énorme ;)
Stéréotype 3 : “Les filles n’aiment pas la compétition et le risque. Et elles ont moins confiance en elles.”
Certaines personnes pensent que ça serait la raison pour laquelle on retrouve moins de femmes dans les meilleures écoles d’ingénieurs et les postes de direction.
Pssst : l’email va sûrement être coupé bientôt. N’hésite pas à finir la lecture en ligne ! C’est ici que ça se passe.
Mais c’est encore une fois la même histoire. On inscrit nos filles à des cours de dessin et nos garçons à des tournois de tennis. On dit “C’est trop dangereux” à une fille qui veut aller chercher le pain en vélo. Mais on dit simplement “Fais attention” à un garçon du même âge.”
Comment se plaindre ensuite qu’elles se sentent moins en confiance ?
Les conséquences sont importantes pendant les études. Par exemple, il a été prouvé que les QCM chronométrés à points négatifs favorisent les garçons, mieux préparés à la prise de risque.
Tu connais Isabelle Autissier ? C’est à elle que j’ai tout de suite pensé en écrivant ça. Voilà pourquoi :
Elle a été diplômée en 1968 d’une école d’ingénieurs d’agro à Rennes. 5 femmes parmi les 80 étudiants à l’époque.
Elle a été une navigatrice incroyable, pionnière du Vendée Globe en 1991. Une incroyable confiance en elle.
Elle a été présidente de l’ONG WWF. À la fois pionnière dans un rôle de cette envergure, et super engagée.
J’ai voulu comprendre dans quel cadre elle avait grandi dès son plus jeune âge. Elle avait 4 sœurs. Donc pas de petit garçon à qui on peut inconsciemment réserver plus de prise de risque et de compétition. Elle démarre la voile à 6 ans en Bretagne Nord, et très vite elle passe des journées entières en dériveur. Ses parents la laissaient prendre ces risques.
L’idée n’est pas ici de dire qu’il faut faire la même chose. Mais que tout se joue dans la confiance et dans les codes qu’on transmet à nos enfants. Si on leur donne confiance en leur capacité en maths, les filles cartonnent en maths. Si on leur donne confiance en leur capacité à prendre des risques, elles prennent des risques.
Une énième preuve ? Les filles sont très à l’aise en première année de médecine, alors que c’est l’un des parcours les plus compétitifs. Parce qu’il y a plus de femmes médecins aujourd’hui, et que la société leur montre qu’elles ont toutes leurs chances.
Ps : peut être d’ailleurs qu’aimer moins la compétition n’est pas un vilain défaut ? Et que les femmes qui prennent le pouvoir obtiennent plus de performances aussi parce qu’elles ont un mode de travail plus coopératif ? Et peut-être qu’il faudrait aussi chercher à transmettre plus l’envie de “prendre soin” aux garçons ?
3. Défis 🤝 : 6 leviers à actionner.
En 1893, dans une allocution aux lycéennes d’Amiens, Jules Verne estimait que les cours de chimie devaient avant tout servir aux femmes à savoir cuisiner un pot-au-feu.
Ça a changé depuis, mais bon il y a encore quelques défis !
L’égalité professionnelle femmes / hommes est la combinaison de 3 éléments :
L’égalité d’accès (éducation, puis recrutement)
L’égalité de traitement (promotion, évaluation)
L’égalité face aux fonctions de direction (plafond de verre)
Alors, qu’est-ce qu’on fait ?
1/ Varier les activités des enfants
Pour être très caricatural aujourd’hui c’est :
La danse, le dessin, le poney pour les filles (expression de la sensibilité, développement de l’empathie, expression corporelle et esthétique). À l’école le français et les langues.
Les échecs, les Lego®, le foot ou le judo pour les garçons (expression de l’intelligence, de la force physique, de la compétition. À l’école les sciences et les maths.
Il faut tenter d’influencer ce conditionnement et de mixer les activités.
Inspirations :
Les Cigales. Stages gratuits autour des maths et de l’informatique pour des lycéennes de première.
L’outil en mains. Cette asso géniale permet aux enfants de s’initier aux métiers artisanaux avec des retraités de ces métiers, c’est génial. Et ils cherchent à attirer un maximum de filles, et à les mettre en avant dans la comm pour en inspirer plus.
2/ Changer les contenus digitaux
À partir du moment où on passe de plus en plus de temps sur nos écrans, il faut que ceux-ci nous aident à réduire le conditionnement de genre. Mais le problème, c’est que c’est tout l’inverse aujourd’hui.
Les réseaux sociaux amplifient tous les stéréotypes. L’Unesco l’a prouvé, et le Haut Conseil à l’Égalité aussi. Les femmes sont quasi invisibles dans le monde numérique.
Sachant que les réseaux sociaux jouent un énorme rôle dans l’éducation, il faut pousser le contenu scientifique féminin sur les plateformes. Les Marie Curie du moment doivent être mises en avant !
Women Doing Science (86 000 followers Insta) montre des femmes scientifiques internationales en plein travail.
Wonderwomath est une prof de maths qui vulgarise sa matière (90 000 followers Insta)
Le projet les “sanspagEs” vise à lutter contre les déséquilibres de genre sur Wikipédia. Comme elles le disent : “Sur Wikipedia, un homme sur cinq est une femme”.
Des séries mettent en avant des profils féminins variés : Les experts, The Big Bang Theory, NCIS. Intéressant surtout qu’une étude prouve l’influence des séries sur les vocations.
3/ Sensibiliser les enseignants et les parents
Des analyses sur des centaines de milliers d’appréciations scolaires montrent que les commentaires adressés aux filles valorisent plus le « travail / l’attitude ». Et ceux adressés aux garçons valorisent plus les « compétences ». Tout ça pèse évidemment sur la confiance !
Mais comme on en a peu conscience, c’est difficile à changer. Alors il faut multiplier les initiatives :)
Le concours “zéro clichés” en est une ;) De la maternelle au lycée, il permet aux profs et élèves de co-concevoir des productions médiatiques (articles, blogs, émissions télé ou radio, podcasts, reportages, etc.) pour analyser les stéréotypes de genre dans la vie quotidienne.
200 enseignants-chercheurs des ENS ont été formés aux biais de genre lors du concours d’entrée, pour augmenter le nombre de femmes sélectionnées.
Ingénieuses est une super asso créée par les écoles d’ingé pour multiplier les ingés femmes. Ils font une grosse campagne de comm nationale, un concours annuel pour récompenser des parcours de femmes inspirantes. Ils ont aussi créé le label Cap Ingénieuses, pour mettre en avant des projets en maternelle, primaire ou collège qui luttent contre les stéréotypes de genre. L’orientation se joue très tôt !
Le plan Filles & Maths lancé en 2025 par le gouvernement cherche à augmenter la part de filles dans les parcours scientifiques. L’idée est de former et sensibiliser les enseignants et les parents aux biais de genre, et motiver les filles au collège/lycée pour qu’elles gardent la spécialité maths si elles le souhaitent.
4/ Agir sur l’orientation
La proportion des meilleures élèves filles en maths qui s’orientent vers des classes prépa scientifiques est de 30%. Une étude a montré qu’elle monte à 45% après l’intervention en classe d’une chercheuse scientifique. C’est dingue non ?
L’association Femmes en sciences permet justement d’amener des femmes scientifiques en classe. On déploie ça partout ?
Le challenge Innovatech de l’association “Elles bougent” est super cool. C’est un concours intergénérationnel 100 % féminin. Il réunit des équipes composées de lycéennes, étudiantes et de marraines “Elles bougent”. En cinq heures, elles imaginent ensemble une solution pour l’industrie du futur. Ça permet aux participantes de se plonger dans le quotidien d’une ingénieure et de découvrir la diversité des métiers de l’industrie ;)
“ Les filles codent mieux” : un projet italien où il ne s’agit pas uniquement de dispenser des cours théoriques sur le codage à des filles, mais de les impliquer de façon concrète sur des projets allant de la conception à la réalisation. 45 heures sont mobilisées d’avril à novembre, dans plus d’une centaine d’établissements scolaires en Italie.
TechPourToutes encourage les vocations des femmes vers le numérique.
5/ Mettre en avant les scientifiques femmes
Marie Curie a créé un nombre incalculable de vocations. Il faut multiplier les exemples et les rendre visibles.
L’association Femmes & Sciences a inscrit les noms de 72 femmes scientifiques sur la tour Eiffel !
La métropole Aix Marseille a mis en place le prix « Femmes et sciences – Jeunes chercheuses ». Super cool de mettre en avant des inspirations locales :)
Il y a aussi le livre « Les filles sont parfaites pour les sciences »
Ou encore la BD « Les oubliées de la science » qui met en avant toutes les femmes disparues de l’histoire des sciences.
On aime l’exposition de portraits de femmes en informatique et en sciences « La science taille XX Elles » de l’association Femmes & Ingénieures ;)
Les podcasts “Sciences en mouvement d’Elles” sont canon.
L’orientation a aussi lieu plus tard dans la vie ;) Il faut faciliter le changement de vie de femmes qui voudraient s’orienter vers des métiers techniques.
Une initiative est canon : DesCodeuses. Ils offrent des parcours d’accompagnement pro vers les métiers de la programmation, de la cybersecurité et du cloud à destination de femmes de quartiers populaires. La grande classe.
6/ Agir (vraiment) dans les lieux de travail
Des études ont montré que sensibiliser aux stéréotypes améliore les connaissances, mais pas trop les comportements. Il faut changer les règles du jeu au bureau.
Alors on peut penser aux lois et directives qui ont bien boosté le nombre de femmes dirigeantes dans les grands groupes par exemple.
Le 7 juin une directive européenne va ajouter encore une pierre à l’édifice. Les employeurs seront obligés d’annoncer le salaire dès le recrutement. Un outil de négociation et de repositionnement pour les femmes dans les entreprises ?
Mais il ne faut pas penser qu’au juridique. Regarde ce qu’il s’est passé aux US. 20 % des entreprises américaines disent avoir supprimé leur programme DEI (diversité, égalité, inclusion) à l’arrivée de Donald Trump en 2025.
Si c’est juste du juridique, ça saute au premier coup de vent politique.
Ça me fait penser à des échanges qu’on a eus pendant le premier Plongeoir Live sur la Finance à impact. Il est toujours possible de détricoter juridiquement l’impact d’une entreprise. Que tu sois Bcorp, société à mission ou même coopérative. Par contre si toute l’entreprise est infusée de process impact, et que la culture est profondément ancrée chez tous les salariés, c’est indéboulonnable.
Conclusion : il faut passer d’une logique d’intention uniquement (sensibiliser, inspirer), à une logique d’infrastructure (ouvrir des portes aux femmes, sécuriser des environnements, financer leur développement, mesurer les effets).
Voilà quelques inspirations :
Sista cherche à multiplier les cofondatrices de startups et les leaders féminins. Notamment en améliorant le financement des startups dirigées par des femmes. Les équipes féminines captent uniquement 2% des fonds levés. J’adore cette vidéo, où Sista s’amuse à poser des questions qu’on réserve souvent aux femmes à des dirigeants comme Xavier Niel ou François-Henri Pinault. Ça permet de se projeter dans une levée de fonds portée par une femme avec humour…
“Incredible Women”: un programme lancé par Assystem (8 000 employés) pour booster la trajectoire des femmes. Politique de lutte contre le sexisme, guide de la parentalité, programme de mentoring, formations dédiées aux femmes, leadership au féminin, marketing de soi... Résultat ? 36,3% des membres de leurs instances dirigeantes sont des femmes.
Trop de femmes se retrouvent sur la touche après leur maternité. Un chiffre m’a marqué et j’imagine qu’il a un lien avec la maternité… 41 % des femmes quittent les entreprises technologiques après 10 ans d’expérience, contre 17 % des hommes. Recruter plus de femmes pour ensuite les perdre, c’est le pire des scénarios.
Le CNRS a mis en place un appel à projet “Résurgence” pour soutenir leurs chercheuses (⅓ au CNRS) et enseignantes après un congé maternité.
Le Programme l’Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science a soutenu plus de 4 400 chercheuses depuis 1998. Il valorise l’excellence scientifique et accompagne des jeunes chercheuses.
Engie : Ils sont dans le Top 30 mondial des entreprises Leader en matière d’égalité femmes-hommes. 2 exemples de ce qu’ils ont mis en place :
Capital filles : dispositif qui permet à des «marraines» du Groupe d’accompagner des jeunes lycéennes issues des zones prioritaires pour leur faire découvrir les filières scientifiques, technologiques et industrielles.
Cercle InterElles : un « think tank inter-entreprises » dédié à la promotion de l’emploi des femmes dans les filières techniques et scientifiques, à leur accès à des postes à responsabilité, et d’un meilleur équilibre vie pro/vie perso.
Et voilà, c’est terminé pour aujourd’hui !
Est-ce que tu peux me dire en commentaires si tu penses à d’autres inspirations sur ce sujet ? Et quels projets il faudrait lancer ?
Merci :)
👏 Foncez voir ce que fait Emmanuelle, qui a co-écrit ce sujet avec nous. Merci aussi à Julie pour son aide ;)
À qui tu pourrais partager cette newsletter ? C’est comme ça que Le Plongeoir grandit !
Et si ça t’a plu, mets un petit like / commentaire avec ton ressenti.
Merci à Pierre et sa super newsletter, il m’aide à communiquer ce contenu au plus grand nombre, notamment par Linkedin.
À très vite,





Bonjour Guillaume, toujours le même bonheur de plonger dans ta newsletter,
Dans les super initiatives, tu peux rajouter BECOMTECH, l'association qui dès la 3ème intervient auprès des jeunes filles pour les emmener vers les métiers de l'informatique via des camps d'été totalement gratuits et qui maintenant accompagne aussi les jeunes femmes en école d'ingénieur car beaucoup décrochent entre les blagues sexistes ou chantages sexuels...
BECOMTECH marche comme une startup qui suit de très près les 5 impacts sociétaux fixés dès la création ce qui leur permet de convaincre plein de partenaires de les suivre. Et ce qui est génial, c'est que les jeunes filles dès qu'elles mettent le pied dans l'asso, deviennent ambassadrices et qu'à partir de là elles sont soutenues pour développer leurs propres initiatives dans la tech. Rien de tel pour gagner en confiance ! Et elles ont eu aussi une idée géniale pour embarquer les entreprises avec elles.. (je te laisse découvrir :-)
Quelques chiffres ;-)
En 8 ans, l’association a mis en place 45 projets JUMP IN TECH dispensant 4 558 heures d’initiation au numérique en s’implantant dans 7 territoires.
BECOMTECH a accompagné avec le projet AMBASSADRICES une communauté de 701 membres qui ont impacté 37 735 personnes du grand public à travers des sensibilisations et des initiations au numérique.
L'équipe se compose maintenant de 55 personnes : https://becomtech.fr
Tu peux contacter de ma part Dorothée Roch (co-fondatrice et Directrice) ou Alexandra Abet (Directrice des programmes et du déploiement) . J'ai fait en mécénat de compétences tout le cadrage et aide au choix de leur futur CMR
Florence
Top cette newsletter, merci bcp !!