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Repenser la finance | Arthur Auboeuf (Team For The Planet) et Joseph Choueifaty (Goodvest).
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Repenser la finance | Arthur Auboeuf (Team For The Planet) et Joseph Choueifaty (Goodvest).

Comment innover et créer des produits qui flèchent des centaines de millions vers le futur qu'on veut vraiment pour nos enfants ?

Arthur Auboeuf est cofondateur de Team for the Planet, un mouvement génial qui rassemble plus de 133 000 actionnaires citoyens. Plus de 40 millions d’euros déjà mobilisés pour financer des innovations capables de réduire massivement les émissions de CO₂ !

Joseph Choueifaty est cofondateur de Goodvest, une super plateforme de placements réellement responsables (assurance vie, PER, livret) qui exclut les énergies fossiles et respecte l'Accord de Paris. Plus de 17 000 investisseurs et 270 millions d'euros sous gestion :-)

Interview à écouter sur YouTube, Spotify, Apple Podcasts, Deezer.

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Hello les amis,

On répète souvent que l’épargne des Français finance le monde de demain. C’est quand même 6 000 milliards d’euros ! Si on les plaçait au bon endroit, le monde se transformerait radicalement.

Mais il y a un problème : cette épargne est difficile à mobiliser, c’est un monde très opaque.

Quand j’ai appris que Goodvest et Team For The Planet lançaient un fonds d’assurance vie avec Ecofi pour flécher des dizaines de millions d’euros vers des innovations incroyables… Je me suis dit qu’il fallait creuser. Enfin une innovation concrète et potentiellement massive, puisqu’elle flèche l’assurance vie vers des projets concrets…

Ni une, ni deux, j’ai demandé à Arthur et Joseph si on pouvait échanger ensemble devant une caméra pour tout comprendre. Goodvest a accepté de financer l’interview et d’être partenaire de ce Plongeoir. Alors j’ai pris un billet de train et c’était parti :)

J’ai passé 1h dans l’intimité de deux personnes au cœur de la refonte du monde financier. J’ai adoré, et j’espère que ça sera pareil pour toi !

Voilà quelques éléments que j’ai découverts pendant notre échange :

  • Une énorme qualité de Team For The Planet et Goodvest, c’est de réussir à attirer des personnes qui n’étaient pas forcément très engagées pour le climat au départ. C’est un sujet fondamental : il faut tendre la main, ne pas exiger à tout le monde d’être “parfait” avant d’agir. Sinon on perd tout le monde.

  • L’argent est un thème qui reste trop masculin aujourd’hui. Mais chez Team For The Planet et Goodvest, les femmes sont majoritaires parmi les clients. Le monde irait tellement mieux si on laissait plus de places aux femmes !

  • Un bon indicateur d’impact dans la finance pourrait bien être… l’argent. Exemple : la valeur des services fournis par la nature a été chiffrée à 170 000 milliards aujourd’hui. Ce type de KPI serait beaucoup plus simple à intégrer dans les Excels du monde actuel que les espèces en voie de disparition par exemple.

  • Il faut créer des produits qui capitalisent sur l’épargne actuelle (exemple : 2 000 milliards d’euros d’assurance vie en France). Tout est à réinventer pour dynamiser ce secteur. On pense que c’est trop difficile d’accès, mais en fait c’est possible !

  • Le nouveau Fonds Team for the Planet x Goodvest par Ecofi pourrait permettre de mobiliser des dizaines de millions d’épargne par an, et d’investir concrètement dans les innovations de rupture Team For The Planet. Le potentiel de ce projet est juste dingue. Pour en savoir plus, c’est par ici que ça se passe.

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Voilà un condensé de l’échange d’une heure avec Arthur et Joseph. Pépite !

Et en plus on s’est bien amusés ;)

Guillaume [04:50] : On entend souvent dire qu’il faut des “cheveux blancs” dans la finance pour être crédible. Vous avez démarré très jeunes, est-ce que ça a été un blocage ?

  • Arthur : Oui, ce blocage est très fréquent. J’ai encore entendu récemment au Luxembourg : “Moi, je n’investis pas s’il n’y a pas des cheveux blancs en face”. C’est vraiment un piège de notre société. Certains profils âgés ont peu d’expérience, et certains plus jeunes en ont suffisamment. On comprend, parce que c’est vrai que l’âge apporte souvent de la sagesse. Mais on contrebalance ça avec notre maîtrise des outils digitaux, qui changent toute l’approche.

  • Joseph : Ça m’est arrivé aussi. Un assureur avait refusé de travailler avec nous au tout début de Goodvest en notant comme seul point négatif : “équipe jeune et inexpérimentée”.

Guillaume [07:45] : Vous lancez ensemble un nouveau “fonds 90/10” d’assurance vie. Comment ça fonctionne et pourquoi vous associer ?

  • Joseph : L’assurance vie, c’est 2000 milliards en France, souvent encore investis dans l’énergie fossile ou dans des projets peu durables. Dans ce fonds créé avec Ecofi, 90 % de l’épargne est investie dans des obligations vertes et durables (prêts à des entreprises matures) et les 10 % restants sont investis directement dans les innovations de rupture de Team for the Planet. Ça permet de minimiser le risque et de financer des projets concrets et à énorme impact chez TFTP. Comme faire passer à l’échelle un Kite Beyond The Sea pour tirer des cargos. (Voir le détail sur ce nouveau fonds ici)

  • Arthur : Aujourd’hui, on a les capitaux, on a les solutions, mais les structures financières classiques ne sont pas adaptées à ce qui émerge. L’épargne est le levier qui peut permettre de faire passer ces innovations à l’échelle. Grâce à l’accès à l’épargne Goodvest, on peut atteindre des volumes financiers importants dont le nouveau monde a besoin. En finançant notamment des innovations concrètes Team For The Planet.

Guillaume [17:48] : Arthur, Team for the Planet a aussi pris un virage récemment sur la valeur de ses actions, tu peux nous l’expliquer ?

  • Arthur : Au début, on avait fait le pari de n’offrir aucun rendement financier pour avoir les mains libres et investir dans des innovations très risquées. On a fait la preuve du modèle. Aujourd’hui, on a ouvert un marché secondaire (reventes d’actions) pour passer à l’échelle. On ne verse toujours pas de dividendes pour maximiser l’impact, mais la valeur de l’action peut augmenter au fur et à mesure que nos boîtes grandissent. Les actionnaires peuvent ainsi espérer une plus-value financière en revendant leurs actions sur ce marché.

  • Joseph [32:30] : On dit souvent que le marché du secondaire (comme l’investissement en bourse) a moins d’impact, parce que c’est un marché d’achat / revente d’actions. Que l’argent n’est pas utilisé directement pour des projets. Mais ce marché est indispensable, parce qu’il n’existera jamais de marché primaire, sans marché secondaire. S’il est impossible de revendre un jour, beaucoup moins de monde veut investir.

Guillaume [21:05] : En parlant de l’impact, on entend que la transition écologique ralentit et que les discours se polarisent. Comment embarquer le plus de monde possible ?

  • Joseph : Pour moi il n’y a pas de ralentissement, les investissements dans la transition ont augmenté de 8 % en 2025. L’électrification du monde a lieu par exemple, même aux US ou en Chine. 47% de nos clients se disent peu, ou pas écolos. Pour embarquer large, on parle de risques concrets. Est-ce que dans ton assurance vie, tu préfères avoir le leader du renouvelable, ou une boîte pas encore sortie du charbon ? C’est du bon sens.

  • Arthur : Pour embarquer plus de monde, il faut faire attention à l’exigence de “pureté” idéologique. Si on tape trop sur les entreprises qui essaient de faire des choses, même imparfaites, elles préféreront ne rien faire par peur du bad buzz. Notre slogan, c’est : “On n’a pas besoin d’être parfait, on a besoin d’être nombreux”. La limite avec le greenwashing est fine. Mais avoir 1 000 personnes parfaites ne changera pas le monde. Un milliard de personnes qui font un premier pas, ça va commencer à changer le monde.

Guillaume [29:20] : Vous arrivez à embarquer de nouveaux publics et notamment beaucoup de femmes, et de jeunes. Pourquoi ?

  • Joseph : Les jeunes s’intéressent plus à la finance que les plus âgés. Le système de retraite est fragile, et la jeunesse se prend de plus en plus en main pour son éducation financière. Le sujet des femmes est aussi passionnant, il y a plus de femmes que d’hommes parmi les 15 000 clients Goodvest. Alors que la finance perso est une préoccupation qui reste encore trop monopolisée par les hommes.

  • Arthur : C’est assez dingue, il y a aussi plus de femmes que d’hommes dans les 133 000 actionnaires TFTP. Je pense sincèrement que les femmes ont une meilleure appréhension des enjeux futurs, et du “prendre soin”.

Guillaume [36:46] : Beaucoup se demandent s’il faut sacrifier la performance pour avoir de l’impact écologique. Qu’en est-il ?

  • Joseph : Pas forcément, l’équation risque/rendement reste la même. Une méta-analyse d’Harvard montre que prendre en compte des critères environnementaux et sociaux améliore la performance dans 50 % des cas, et ne la dégrade que dans 10 % des cas. Sur le long terme, c’est du bon sens d’investir dans les futurs leaders du renouvelable plutôt que dans une boîte bloquée dans le charbon, pour éviter le risque d’actifs échoués.

  • Arthur : Il faut se méfier des effets de bulles ou d’hyperspéculation. On a tendance à calquer des attentes court terme qui ne sont pas basées sur le monde physique. Le Bitcoin ne peut pas être une base de comparaison pour la transition des infrastructures mondiales par exemple. En plus, un actif peut être très performant à court terme mais s’effondrer s’il y a un rejet par la population, par exemple suite à des pollutions. La transition écologique représente des actifs sereins sur le long terme car le monde n’aura pas d’autre choix que d’y aller. Il faut penser aux actifs qui paraissent évidents sur le long terme.

Guillaume [49:06] : Et pour la suite, vous visez un déploiement à l’international ou vous restez sur le marché français ?

  • Arthur : Chez Team for the Planet, on passe vraiment à l’international en 2026. On va utiliser l’intelligence artificielle pour communiquer dans toutes les langues et répliquer notre modèle. On a déjà des foyers d’actionnaires très actifs dans 90 pays, et on vise à terme 1 million d’associés. Et certaines de nos innovations, comme la peinture réflective Cool Roof, auront un impact beaucoup plus massif en Afrique qu’en France.

  • Joseph : De notre côté, l’assurance vie et le PER sont des enveloppes fiscales très spécifiques à la France, ce qui rend le modèle compliqué à scaler tel quel en Europe. Mais avec 6 000 milliards d’euros d’épargne, la France est le premier marché européen et le 3ème pays avec le plus de millionnaires au monde. On va donc se concentrer sur l’objectif d’atteindre un milliard d’euros gérés en France avant de regarder ailleurs.

Guillaume [56:10] : J’aimerais aborder un sujet qui me travaille : les KPIs (indicateurs de performance). On veut tout mesurer dans la finance, mais est-ce qu’on utilise les bons indicateurs pour rediriger le capital vers la transition ?

  • Joseph : Il ne faut pas parler uniquement de KPIs et de température, il faut d’abord montrer du concret. Par exemple, on amène les gens en forêt pour leur montrer que leur argent permet de préserver la biodiversité de ce lieu physique. Après, bien sûr, en coulisses on utilise des indicateurs complexes comme le MSA (Mean Species Abundance) au kilomètre carré pour s’assurer que nos fonds préservent mieux les espèces que les fonds classiques.

  • Arthur : Comme disait Peter Drucker : “You can’t manage what you can’t measure”. Mais je me demande si on ne s’éparpille pas avec trop d’indicateurs. L’argent reste l’indicateur central parce qu’il embarque la “confiance” et qu’il coordonne le travail à l’échelle mondiale. Je pense qu’il faut réussir à adosser la valeur des services écosystémiques (qui s’élève à 170 000 milliards aujourd’hui) directement à l’indicateur financier, car les grandes puissances financières et personnes morales pilotent avec des fichiers Excel et n’ont pas de “bon sens” naturel face à la destruction d’espèces.

Guillaume [01:04:05] : Pour sortir de cette notion parfois trop abstraite de finance et de KPI, est-ce que vous avez vu récemment un projet qui vous a particulièrement inspirés et qui donne du concret ?

  • Arthur : Moi, c’est Lumia, dont je suis membre du comité de soutien. Ils travaillent sur l’entreprise régénérative. C’est passionnant car ils arrivent à modifier en profondeur les modèles d’affaires pour qu’ils ne soient plus extractifs mais régénératifs, et ce, en conservant les mécaniques et codes dominants de l’entreprise.

  • Joseph : De mon côté, c’est un tournage que nous avons fait récemment avec Le Média Positif dans une forêt des Yvelines avec un garde forestier passionné. Ça m’a marqué de me rendre compte que notre épargne, qui semble très digitale, permet très concrètement de financer et de préserver la biodiversité de cette forêt.

Et voilà ! Si tu veux creuser, écoute l’interview ici : YouTube, Spotify, Apple Podcasts, Deezer.

Et si tu as envie d’analyser cette nouvelle assurance vie lancée par Goodvest & Team For The Planet via Ecofi, c’est ici que ça se passe. Dis-leur que tu viens de ma part ;)


Qu’as-tu pensé de cet échange ? Quelles questions tu aurais pour Arthur & Joseph ? Est-ce que tu as envie que j’aille interviewer plus de profils pionniers comme ça ou non ? Dis-moi tout en commentaire !

Merci 💛

Guillaume

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