Oser rêver grand
Monomeris et Leviathan ont un potentiel incroyable. Et inspirant !
Hello les plongeurs, j’espère que l’été se passe bien. Voilà la newsletter du Plongeoir #93.
Cette édition fait partie de mon programme “Plongeons portraits”. Aujourd’hui on plonge dans 2 projets fous : Monomeris et Leviathan.
L’histoire de cette newsletter est marrante. On est début juillet et je discute avec Jérémie, le cofondateur de Keenest. C’est un club d’investissement qui finance les plus belles innovations pour le climat.
Je lui raconte que j’ai décidé de ne pas envoyer de newsletter en août.
Et là il me dit :
Guillaume, deux projets géniaux issus de Team For The Planet doivent lever 4 millions d’euros sur Keenest en août. Le premier est une solution hyper encourageante pour climatiser sans utiliser de gaz polluant. Le deuxième pour transformer les déchets plastiques. Je voulais proposer à ta communauté de participer…
Comme tu l’as compris, j’ai craqué :)
Pourquoi ?
Déjà parce que j’adore bosser avec Keenest comme sponsor.
Mais surtout parce que j’ai l’impression qu’on n’ose plus rêver assez grand. Que la conjoncture morose grignote notre confiance en nous. Pourtant seuls ceux qui osent réussissent l’impossible non ?
Nous avons plus que jamais besoin que certains tentent l’impossible. De projets super ambitieux, portés par des personnes humbles.
Keenest finance uniquement des projets fous, qui ont chacun le potentiel de diminuer les émissions de CO2 de plus de 1% à l’échelle mondiale. Soit l’équivalent des émissions de la France entière.
Haaa que j’aime cette folie ! Il nous en faut pour réussir ces deux objectifs à la fois :
Construire une société qui prendra un plaisir fou à ralentir. Si tu veux lire le livre d’un rêveur génial sur la plage à ce sujet, c’est “Paresse pour tous”.
Inventer les technologies pépites qui nous aideront pour le reste. On produit 7% de l’énergie mondiale grâce aux panneaux solaires aujourd’hui. On utilise 90% moins d’énergie pour nous éclairer grâce aux LEDs. Que se passera-t-il si les fous n’osent plus inventer ?
Heureux sont les fêlés parce qu’ils laissent passer la lumière.
Michel Audiard
L’été est la meilleure période pour réfléchir à la part de folie que nous voulons intégrer dans notre vie :)
Alors pour t’inspirer, voilà deux aventures fascinantes. Elles sont en levée de fonds en ce moment sur Keenest si tu veux les soutenir. Tu m’en diras des nouvelles !
Ps : ceci n’est pas du conseil en investissement, juste deux projets que je trouve super intéressants.
Si tu as 30 secondes
Leviathan 💛 : Alan et Karino ont lancé une aventure hors du commun qui peut remplacer le gaz polluant HFC des systèmes de clim par de l’eau. Mais aussi recycler 90% des eaux usées des process industriels :) L’impact potentiel de leur technologie est énorme, et le potentiel business en face l’est tout autant.
Monomeris 👏 : Maxime a développé une solution de recyclage chimique pour transformer tous les déchets plastiques en matière première. Seul 9% du plastique est recyclé dans le monde. Cette solution pourrait être implantée directement là où sont produits les déchets.
Ces deux projets sont en levée de fonds chez Keenest en ce moment, et tu peux investir à partir de 500 euros pour t’engager avec eux.
Team For The Planet pense qu’ils sont prêts à se déployer, et que la phase de recherche initiale est terminée.
On plonge ?
Cet article est un “Plongeon Portrait” du Plongeoir. Les partenaires rémunèrent le Plongeoir pour ce travail. C’est grâce à eux que cette newsletter reste gratuite. Tu peux lire ici comment on les sélectionne.
Si tu as 10 minutes
Au programme :
Leviathan 💛 : Vers une solution à la clim dans le monde.
Monomeris 👏 : Attaquer de front la pollution plastique.
1. Levianthan 💛 : Vers une solution durable à la clim dans le monde.
L’histoire de Leviathan Dynamics démarre en décembre 2016 par la rencontre de deux ingénieurs. Alan Chauvin et Karino Kang rêvent de solutionner le problème majeur des gaz HFC. Tu vois ce que c’est ?
Les gaz HydroFluoroCarbures servent au refroidissement. Tu en as dans les clims par exemple. Le problème, c’est qu’il y a toujours un peu de fuites. Et que le potentiel de réchauffement global de ce gaz est… de 600 à 10 000 fois celui du CO2.
Ce petit gaz est donc tranquillement à l’ombre du CO2 qu’on essaie tous d’attaquer, mais il représente environ 2% des émissions de gaz à effet de serre. Et comme tu peux l’imaginer, ça ne va pas s’améliorer.
Plus il fait chaud, plus on climatise, plus il fait chaud. Plus on… bref on a compris mais quelques chiffres font toujours leur petit effet. Il y a 2 milliards de systèmes de clim. On en aura 5,5 milliards en 2050. Aie.
Les petites fuites risquent de devenir très grandes.
Nos deux ingénieurs l’ont vite compris, et ils ont inventé dès juin 2018 un premier prototype fonctionnel qui produit du froid, avec de l’eau. Donc sans gaz polluant. Et qui en plus permet d’économiser 30% d’énergie.
Comment ça marche ? Une centrifugeuse compresse de la vapeur d’eau dans un environnement sous vide, et la fait tourner à 90 000 tours minute. Pour créer un froid à 7 degrés.
Sur le papier ça ne paraît pas compliqué cette histoire, mais l’énorme challenge est de réaliser ça à petite échelle, et à prix abordable. Si ça fait la taille de ton salon et que ça coûte une fortune, ça ne prendra pas facilement.
Mais Alan et Karino y croient dur comme fer dès le début. Surtout qu’ils se rendent compte dans leurs recherches que leur produit pourrait bien faire d’une pierre deux coups…
Pour réussir à produire suffisamment de froid pour climatiser, ils ont besoin d’une centrifugeuse à deux étages. Mais lorsqu’ils ont fabriqué leur centrifugeuse avec un premier étage, ils se sont rendu compte que ce produit intermédiaire pouvait avoir un usage assez incroyable.
De nombreux industriels consomment beaucoup d’eau dans leur process. Elle devient alors souillée, et ils doivent la collecter et la traiter. Parce qu’ils ne peuvent évidemment pas la rejeter telle qu’elle dans la nature. Ce process de traitement consomme beaucoup d’eau, et énormément d’énergie.
Leur centrifugeuse à simple étage pourrait permettre de recycler directement 80 à 90% des eaux usées dans un process industriel. C’est simple : tu y mets les eaux souillées, elles tournent à 90 000 tours minute sous vide, et les effluents industriels sont séparés de l’eau. Et hop, l’eau est traitée :)
Ces 2 produits sont trop prometteurs, il faut qu’ils accélèrent. Mais Alan et Karino manquent de fonds avec leur apport issu de leur épargne personnelle…
On est en 2021 et ils cherchent 350 000 euros pour accélérer leurs recherches.
C’est là qu’arrive Team For The Planet (TFTP). Tu les connais peut-être ? Je suis un mini-actionnaire, comme 130 000 autres personnes. Et comme l’État, qui a investi 5 millions en 2024 via l’Ademe. On a tous décidé de donner un petit montant sans chercher de rendement financier. Pour que Team For The Planet puisse sélectionner et financer le démarrage de projets fous qui pourraient réduire de 1% les émissions de CO2 à l’échelle mondiale.
Donc là c’est un cas d’école ! Deux ingénieurs brillants en phase labo, qui ont besoin de trouver des personnes qui croient en leur rêve et en leurs recherches.
TFTP lance alors un défi à nos deux ingés : ils investissent les 350 000 euros nécessaires, leur proposent un CEO pour les aider à accélérer commercialement. Et s’ils signent 3 premiers clients en 18 mois, TFTP investit 1,5 million d’euros de plus.
Naoufel Menadi arrive alors dans l’équipe. Un CEO ingénieur, discret, humble. Il comprend la technologie, et valorise énormément le travail d’Alan et Karino. Mais il sait aussi parler aux clients. Et il en trouve 3 en 6 mois !
Les deux produits séduisent énormément :
Groupe froid sans HFC : Ariane Group pour refroidir un local sur la base de Kourou par exemple.
Traitement eaux usées : Un acteur du secteur pharmaceutique (UPSA) est comblé par la technologie et le lance pour une usine de Dafalgan.
Quand on dit à des industriels que l’on peut réduire leur facture de 30 %, les deux oreilles de nos interlocuteurs s’ouvrent ! Il faut d’abord ouvrir cette porte-là pour convaincre. Et les aspects environnementaux suivent plus tard.
Naoufel Menadi, CEO Leviathan Dynamics
TFTP joue le jeu et investit 1,5 million d’euros de plus en décembre 2022.
Et là tout accélère. Leviathan peut recruter et se structurer pour préparer le déploiement. Tout en accélérant encore sur la recherche, cœur du réacteur de la boîte.
1 an et 12 recrutements plus tard, ils ont déjà 1 million d’euros de carnet de commandes. À la fois pour de la clim sans HFC et du traitement d’eaux usées pour industriels. Magique !
Les beaux noms s’accumulent, comme Michelin, Freyssinet, Icade.
Il est maintenant temps pour Leviathan Dynamics de passer véritablement à l’échelle :
Les clients peuvent être multiples et il faut mettre en place une équipe commerciale. Aujourd’hui seul Naoufel (CEO) démarche des clients, sur un terrain aussi large que la génération de froid dans l’industrie, l’immobilier, le traitement des eaux usées de tous types d’industries... Le potentiel de croissance du chiffre d’affaires est très élevé, parce que le marché est énorme et les gains en énergie et en eau sont importants.
L’impact est massif et il ne faut pas perdre de temps pour le faire passer à l’échelle. Dis-toi que simplement 2 prototypes mis en place en 2022 ont généré une économie de 6 millions de litres d’eau et 1 827 tonnes de CO2… Tu as du mal à projeter ce que c’est ? Voilà ce que ça donne sur le convertisseur de l’Ademe. C’est juste fou.
Alors évidemment il y a des risques importants. Il faut mettre en place une véritable industrie, continuer à innover en R&D, améliorer la performance de chaque solution, rendre le produit toujours plus accessible et compact… Tout ça est un énorme défi.
Mais de gros investisseurs pros se joignent à l’aventure. Un important family office du Nord de la France et un fonds régional investissent dans la levée de fonds actuelle de 4 millions d’euros. Le projet n’est finalement peut-être pas si fou que ça…
Surtout que tu peux bénéficier de 50% d’économies d’impôt sur le revenu grâce au dispositif Midy.
C’est ici que ça se passe pour devenir actionnaire de cet incroyable projet dès 500 euros :
2. Monomeris 👏 : Attaquer de front la pollution plastique.
Seuls 24% des plastiques sont recyclés en France. C’est 9% à l’international.
Parce qu’ils contiennent des composants non recyclables, des additifs, qu’ils sont souillés. Et surtout parce qu’ils ne sont pas bien collectés et triés.
460 millions de tonnes de plastique sont fabriquées chaque année dans le monde. Ça veut dire que 414 millions de tonnes sont soit incinérées, soit enterrées, soit jetées dans la nature. Et ce chiffre va tripler d’ici 2060… Ça fait froid dans le dos (même sans HFC).
Il faut agir vite :
Incinérer du plastique, c’est le brûler. Enfouir le plastique ou le jeter dans la nature, c’est des émissions de méthane. Et un énorme sujet biodiversité…
Tout ça représente près de 1,8 milliard de tonnes éqCO₂ chaque année, soit 3,4 % des émissions mondiales annuelles.
Alors évidemment la recette 1 c’est de diminuer l’utilisation de plastique. C’est fondamental, et on doit montrer l’exemple en France. Mais on n’a jamais inventé un emballage aussi peu cher que le plastique. N’oublions pas que la sécurité sanitaire est l’enjeu numéro 1 pour la majorité des pays dans le monde.
Face à ce constat écrasant, des personnes se donnent le droit de rêver quand même :)
Maxime Lepinay habite Arras, dans le Nord de la France. Ingénieur agro, il se passionne pour la chimie et la biochimie dès 2013, et il décide de s’attaquer au recyclage chimique des déchets.
Pourquoi on ne pourrait pas trouver un moyen de plonger les plastiques dans une solution, pour les transformer de nouveau en matière première ?
Ce défi fou hante ses nuits dès 2016. Et il passe littéralement 5 années dans un garage puis un labo à Arras, à chercher comment retransformer le plastique pour créer une économie circulaire.
Il veut transformer le plastique en monomère. Et ça n’a rien à voir avec une famille mono parentale.
Les monomères sont la base de fabrication de l’intégralité des produits et matières synthétiques de notre quotidien. Plastiques, matériaux, peintures, médicaments, etc. On les extrait habituellement de notre cher pétrole.
Comment fait Maxime ?
Il utilise des liquides : les catalyseurs minéraux. Il les chauffe et y plonge les déchets. Son process casse toutes les chaînes chimiques du plastique. Et il récupère quoi ? Des gaz. Mais des gaz magiques qu’on appelle donc gaz monomères.
Voilà quelques exemples parlants :
L’éthylène : peut servir à produire de l’éthanol (désinfectant, cosmétiques, arômes, alcool, etc.). Mais aussi du polyéthylène, donc des sacs plastiques par exemple.
Le propylène : tu en trouves dans le paracétamol, mais aussi la fibre de carbone.
Le styrène : sert à produire les caoutchoucs, mais aussi toutes sortes de résines que tu retrouves dans les appareils ménagers. Et le polystyrène pardi ;)
Donc oui tu as bien compris. Notre cher Maxime se retourne le cerveau pour inventer un moyen de transformer le déchet plastique en matière première.

Il existe déjà des solutions de recyclage chimique. C’est par exemple le cas de la pyrolyse, qui a par contre besoin d’énormément d’énergie.
Toutes ces solutions de recyclage chimique ont un double impact potentiel :
Supprimer du déchet plastique, qui ne va plus contaminer la biodiversité.
Réduire les émissions de la production de monomères, qui proviennent aujourd’hui de l’extraction de pétrole.
L’objectif n’est évidemment pas de remplacer le recyclage mécanique actuel, mais de le compléter en transformant ce qui n’est pas recyclé.
En 2021 Maxime a passé plus de 5 ans à peaufiner ses recherches, et l’équipe de Team For The Planet l’a repéré. Il a créé sa boîte, et veut lever des fonds pour accélérer.
TFTP décide d’investir 1,3 million d’euros en 2023 dans son projet, après une analyse par des dizaines d’experts.
Il faut entourer Maxime, et accélérer le développement industriel et commercial. Olivier Camp (CEO) et Alexia Alvarez (CMO) sont recrutés.
Entre 2023 et 2025, Monomeris passe du labo au produit. D’un démonstrateur sur une paillasse, à un conteneur capable de transformer jusqu’à 10 000 tonnes de déchet par an. Ça prend forme !
Le premier modèle a été inauguré en mai 2025. Et ce qui est génial, c’est qu’il peut être intégré directement sur un site industriel, d’enfouissement, ou d’incinération. Pour transformer les déchets plastiques là où ils se trouvent.
Chaque machine vaut 2,2 millions d’euros. Les prospects actuels vont du gouvernement Indien au gouvernement Péruvien, en passant par des industriels Français et étrangers.
Pourquoi ces acteurs paieraient 2,2 millions d’euros ?
Les industriels doivent payer pour traiter leurs déchets. Et les pays en développement voient leur population crouler sous des montagnes de plastique.
Les gaz monomères générés par la machine Monomeris ont une forte valeur ajoutée. Ils pourront être une source de revenu pour ceux qui achètent la machine. Le retour sur investissement visé est de 4 à 7 ans selon les déchets traités.
Il reste de gros défis à relever pour transformer des millions de tonnes de déchets plastiques :
La logistique : le gaz récupéré doit être utilisé sur place, transporté par camions-citernes, transport ferroviaire ou pipeline. Il faut inventer un modèle logistique intelligent qui relie le déchet plastique à la fabrication de produits à base de ces monomères.
Déployer le chiffre d’affaires : il n’existe pas encore, et il faut vendre les machines et industrialiser leur production. L’avantage, c’est qu’avec uniquement 4 machines vendues en 2026 ça serait déjà 9 millions d’euros de CA. Et on me dit dans l’oreillette qu’ils viennent de signer la première machine vendue…
On est clairement sur le genre d’aventure qui peut s’arrêter dans 5 ans faute de modèle, ou parce qu’on aura découvert un inconvénient.
Mais on est clairement aussi sur une aventure qui peut transformer des milliards de tonnes de plastique dans le monde entier si ça fonctionne.
J’adore ces projets qui osent. Qui n’ont pas peur de la hauteur du mur. Il suffit de voir le chemin parcouru depuis 2016 pour comprendre qu’ils peuvent largement réussir les prochaines étapes.
Monomeris lève 4M€ pour passer à l’échelle. Ils ont réservé 2M€ pour que tu puisses investir à partir de 500 euros via Keenest. Et participer à cette aventure hors du commun… aux côtés d’un gros fonds du Nord de la France, et de Team For The Planet.
Tu peux aussi bénéficier de 50% d’économies d’impôts via le dispositif Midy.
C’est tout pour aujourd’hui, merci de m’avoir lu jusqu’au bout.
J’ai deux derniers services à te demander :
Mets un petit like / commentaire avec ton ressenti, ça ne mange pas de pain et ça fait du bien.
Si tu as trouvé cette newsletter utile, partage-la. C’est uniquement comme ça que ce projet grandit.
Et pour finir : Je voudrais te rappeler qu’ici tu ne trouveras pas de conseils d'investissement ni de recommandations personnalisées. Ces informations sont impersonnelles, uniquement à but informatif et pédagogique et ne sont pas adaptées aux besoins d'investissement d'une personne spécifique. Tu dois aussi garder en tête qu’investir dans des actifs cotés ou non cotés comporte un risque de perte partielle ou totale des montants investis ainsi qu'un risque d'illiquidité.
Et enfin, le traitement fiscal d’un investissement dépend de la situation individuelle de chacun. Souviens-toi que les performances passées ne préjugent pas des performances futures.À très vite,


