Les séniors ont (encore) du talent
Leur expérience n'a pas d'égal. Il est temps de sortir les 55+ du placard et de leur offrir la vie pro qu'ils méritent.
Hello les plongeurs, voilà la newsletter du Plongeoir #92.
Il y a des sujets tabous en France. Le nucléaire en est un, l’utilité du beurre salé avec le fromage aussi. Mais surtout l’âge de départ à la retraite.
Comme on est des plongeurs fous, on a vraiment envie de parler de l’emploi des séniors quand même. Parce que c’est juste fou.
Plus on prend de l’âge, plus on accumule de l’expérience. Et plus on est mis de côté par la société. Alors allez hop on arrête de compter les trimestres, on sort du placard, et on change le monde ensemble ?
Et avant de démarrer, je te propose de venir dans cette jolie bulle verte le 23 septembre prochain. J’ai creusé, et les ateliers ont l’air canons :)
Le partenaire du jour : bpifrance
Tu connais peut-être la bulle verte lors de l’évènement Big ? Ça sera le 23 septembre prochain à l’Accor Arena.
Pour ceux qui aiment creuser les sujets ça va être du petit lait.
Rendre accessible la mesure d’empreinte biodiversité ?
Tension sur l’eau potable : quelles innovations pour relever ce défi majeur ?
Pivoter vers des modèles circulaires, comment accélérer ?
Regarde les 25 masterclass et ateliers animés par des experts et entrepreneurs. Ça va être trop bien. On s’y retrouve ?
Si ce n’est pas déjà fait tu peux aussi :
Rejoindre Plouf pour rencontrer des associés.
T’inscrire à Parés à virer, les 24 et 25 septembre à La Trinité sur mer.
Lire les précédentes newsletters du Plongeoir.
C’est partiiii
Si tu as 30 secondes
Constat 🧐 : La majorité des 55+ ans rêvent encore de défis pros. Ils sont souvent mis au placard, et c’est un gros gâchis humain. Les séniors ont une expertise et une expérience dingue à transmettre, mais la société les met à l’écart.
Sujet 🤓 : Beaucoup de séniors vivent une vraie discrimination au travail, et finissent par se dévaluer eux-mêmes. Leur apport est juste dingue, que ça soit au niveau économique ou social. Et tu sais quoi ? Ils sont même les entrepreneurs les plus performants.
Défis 🤝 : Il faut commencer par changer les récits sur l’âge. On peut aussi adapter les modes de travail : temps partiel, freelancing, mécénat de compétences, mentorat. Et il faut transformer la culture des boîtes. On agit ?
J’ai coécrit cette newsletter avec Delphine Descamps. Après une carrière d’avocate puis d’investisseur, elle est une heureuse entrepreneur de plus de 50 ans.
Delphine s’est appuyée sur les recherches de Lyne Landry, Managing Partner du fonds AgeTech Capital, dédié aux technologies pour un vieillissement plus sain, prospère et épanouissant.
Merci aussi à l’habituelle Alice Carré-Seemuller et à Mathilde Prigent pour leur aide :)
On plonge ?
Si tu as 15 minutes
Au programme :
Constat : Un grand gâchis humain.
Sujet : Vieillir est une qualité sous-cotée.
Défis : Sortir les séniors du placard.
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1. Constat 🧐 : Un grand gâchis humain.
Les grandes personnes aiment les chiffres.
42,4 % : part des 60-64 ans qui bossent encore en France, contre 61 % en Allemagne et 65 % en moyenne dans l’UE.
2/3 : part des 55-64 ans qui souhaiteraient encore travailler. On pourrait les rendre heureux et renflouer les caisses de l’État en même temps. Pas bête non ?
-18 % : Baisse de la population européenne en âge de travailler d’ici 2070. Pour faire simple on vit plus longtemps, et on fait moins de bébés. Moins de travailleurs, et toujours plus de retraités. Il va falloir trouver des solutions :)
25 % : Part des chômeurs de plus de 50 ans à qui on a déjà expliqué “qu’ils étaient trop âgés pour le poste”. Ceux qui perdent leur job après 50 ans passent 2 fois plus de temps au chômage. Aie.
X3 : Multiplication de la probabilité d’introduire une innovation sur le marché quand on crée une entreprise en fin de carrière. Hmmm trop has been les séniors, vraiment ?
C’est le sujet chaud du moment
Pas de fumée blanche mais beaucoup d’encre. Après le conclave papal, le conclave des retraites a beaucoup fait parler.
Soyons clairs dès le début, l’idée de ce plongeon n’est pas de polémiquer sur l’âge du départ en retraite (on n’est pas venus là pour souffrir, ok ?). Ce qu’on veut, c’est mettre en lumière les idées qui font enfin briller la fin de carrière.
Un projet de loi pour l’emploi des séniors est pile poil en train d’être analysé en ce moment au Sénat. Objectif application en septembre… Selon la ministre, le but est de mettre fin à ce “gâchis immense pour toute la société et l’économie”.
La mesure phare du projet ? Le CDI sénior. Les boîtes qui recruteraient des salariés de plus de 60 ans bénéficieraient de 30% de réduction de charges.
Super tout ça… Mais si on commençait par changer notre regard sur les profils les plus expérimentés ?
Définition
Tu connais l’âgisme ?
“Attitude de discrimination ou de ségrégation à l'encontre des personnes âgées.”
Et le jeunisme ?
“Tendance à exalter la jeunesse, ses valeurs, et à en faire un modèle obligé.”
Mais c’est quand au juste, la jeunesse ? À 50 ans, la majorité des gens se sentent jeunes et ont encore très envie de se dépasser non ?
Commençons par remettre l’église au milieu du village :
Notre système de retraite avantageux explique en partie pourquoi les Français quittent le marché du travail plus tôt.
Pour faire simple, tu touches 71,9% de ton ancien salaire quand tu pars en retraite à taux plein en France. Contre 55,3% en Allemagne.
Mais qui a dit qu’ils voulaient partir ?
Plus de deux tiers des 55-64 ans aimeraient encore travailler. Et devine quoi : dans les pays les plus développés, 45 % des plus de 55 ans qui veulent bosser…ne trouvent pas de travail.
Parce qu’ils peinent à décrocher un poste, qu’on leur propose peu d’opportunités ou que leurs compétences ne sont plus considérées. C’est fou !
Et si on leur redonnait la place qu’ils méritent dans notre société ?
2. Sujet 🤓 : Vieillir est une qualité sous-cotée.
Le monde du travail met les séniors sur la touche
Triste médaille d’or. Les séniors sont les plus discriminés au travail. Ils sont souvent les premiers virés et les derniers réembauchés.
Ça peut arriver à tout moment :
Dès l’embauche : 1 chômeur sénior sur 4 affirme qu’on lui a déjà fait comprendre qu’il était trop âgé pour le poste lors de l’entretien.
Et ensuite quasi 1 sénior sur 5 a démissionné ou négocié son départ pour cause de discriminations.
Mais alors, que font les entreprises ? Seulement 8% ont mis en place des politiques de recrutement spéciales. Malgré les incitations et les recos, les trois quarts des DRH n’ont pas mis en place de mesure spécifique pour faciliter le développement des travailleurs âgés.
Pourquoi ? Parce que les stéréotypes ont la peau dure. Souviens-toi dans les années 70-80 quand on usait du package pré-retraites pour gérer une crise : “Dis Claudine, c’est un peu tendu en ce moment… T’aurais pas envie de te mettre au tricot ?”
On continue de mettre les travailleurs séniors sur un siège éjectable et de mal les considérer. Usés, lassés, réfractaires au changement, dépassés, incompatibles… C’est l’open bar du préjugé.
Mais comment veux-tu qu’ils gardent confiance en eux ?
Ils finissent par se dévaluer eux-mêmes : plus de la moitié des séniors au chômage ont déjà postulé à des postes inférieurs à leurs compétences.
Quand ils sont en poste, ils avancent la boule au ventre : peur de l’avenir pro ou d’être poussés vers la sortie. Sans surprise, leur santé mentale en prend un coup : fatigués, tristes, déprimés même… Le placard, c’est vraiment pas bonnard.
Et pour certains, c’est même la double peine.
L’âge, la santé, le genre, l’origine… Les discriminations, c’est comme les moustiques : c’est insupportable, et il y en a de plus en plus.
Les séniors perçus comme d’origine étrangère déclarent deux fois plus de discriminations que les autres. Côté femmes, même combat : elles déclarent plus de discriminations que les hommes. Entre 55 et 64 ans, c’est le jackpot : elles sont plus souvent inactives sans être retraitées, et plus souvent à temps partiel ou en sous-emploi.
Pour celles qui entreprennent, ça n’est pas beaucoup plus glorieux. Elles se lancent plus tard et rencontrent plus de difficultés à lever des fonds que les hommes.
L’apport des séniors est fondamental
C’est fou ça : les discriminations liées à l’âge alimentent un système où les plus expérimentés sont mis à l'écart… au moment même où ils pourraient être les plus utiles.
C’est du gâchis humain. Du gâchis de connaissances, de potentiel d’innovation. Mais aussi un gâchis de cohésion intergénérationnelle.
« Le vieillissement n'est pas un problème à régler ou une maladie à guérir. C'est un processus de vie naturel et puissant qui nous unit tous. »
Ashton Applewhite, auteure de « A manifesto against ageism »
C’est aussi un gâchis économique
La population mondiale des plus de 60 ans va quasiment doubler entre 2015 et 2050. On parle de 2,1 milliards de personnes.
À la clé : pression sur les systèmes de santé, poids croissant des retraites. Tu vois le tableau ? Pourtant, on continue de laisser sur le bas-côté des séniors en pleine capacité et motivés.
C’est injuste et même insoutenable :
Cette mise à l’écart coûte cher : rien que dans les pays les plus riches, le non-emploi des séniors volontaires prive l’économie de 5 000 milliards de dollars de PIB chaque année.
Le Sénat vient de publier un rapport. Une hausse de 10% du taux d’emploi des séniors pourrait générer 10 milliards d’euros de recettes supplémentaires pour les retraites.
De quoi piquer une crise de nerfs ?
Pourquoi pas. Il y a 589 000 NER de 55 à 64 ans en France (tu sais, les personnes Ni en Emploi ni en Retraite). Ils sont au chômage, en bonne santé, et ils veulent bosser.
S’ils retrouvaient un job, le taux d’emploi des séniors grimperait de 6,9 points. Un gain net de 5,8 milliards d’euros pour l’État. Bon, ça ne suffira pas à combler le déficit des retraites (30 milliards d’euros en 2045). Mais ce serait déjà pas mal !
La mine d’or des Silver entrepreneurs
Entrepreneuriat rime trop souvent avec jeunesse. La faute à qui ? Au jeunisme ambiant et à la start-up nation surtout. “Quoi tu as déjà 30 ans et tu n’as pas encore créé ta startup ? Dommage ça ne sera plus possible après.”
C’est n’importe quoi :) Il n’y a pas d’âge pour entreprendre.
L’entrepreneuriat semble même plus épanouissant en vieillissant. Après 50 ans, ceux qui se sont lancés se déclarent globalement “très satisfaits”. Mieux, ils le vivent avec une meilleure santé physique et mentale, dorment mieux et gèrent plus facilement leur stress. Tout ça vaut bien quelques rides au front non ?
Mais qui sont ces petits chanceux ?
Certains ont lancé leur business dans leur jeunesse, d’autres après quelques années en entreprise, ou suite à un tournant professionnel. Certains ont créé à 5 ans de la retraite, pour un dernier défi. Il y a les ex-chercheurs, les startupers, les gémeaux ascendant bélier. Bref, retiens qu’il n’y a aucune règle.
Mais retiens surtout ça : le pourcentage d’entrepreneurs augmente avec l'âge.
Environ 18% des 50-64 ans sont entrepreneurs. C’est 39 % pour les 65-69 ans et 52 % pour les 70-74 ans. Et c’est seulement 11% des 18-29…
Prenons les entrepreneurs séniors au sérieux, ils ne sont pas là pour rigoler.
Les bougres n’ont pas froid aux yeux. Exit le cliché du jeune boss dynamique, son père innove plus et mieux. Il a plus d’expérience, plus de sous et plus d'idées pour investir là où il faut et réussir à bousculer un marché.
La probabilité qu'un entrepreneur amène une nouveauté radicale sur le marché augmente de 30 % tous les 10 ans d'âge, ça calme. Last but not least : Ils réussissent mieux. Les fondateurs des startups les plus performantes ont en moyenne 45 ans.
Les séniors qui entreprennent apportent en plus des dividendes dorés :
Ils comptent moins sur l'aide de l'État et sont plus susceptibles de payer des impôts.
Ils emploient plus souvent plus de cinq personnes.
Ils sont 18% à créer avec un but d’impact social, environnemental, ou territorial avant tout.
Alors pourquoi ?
Pourquoi on ne pousse pas plus l’entrepreneuriat sénior ? Avoue que c’est dommage : aujourd’hui les stratégies d'investissement des fonds et les aides favorisent surtout les jeunes.
Alors on les aime bien nos jeunes, mais si on revoyait notre copie et qu’on misait aussi sur les plus de 45 ? On créerait des écosystèmes plus efficaces, stables, inclusifs, et performants.
Certains se bougent déjà :
Le think tank Global Institute for Experienced Entrepreneurship propose un incubateur dédié aux 50 ans et plus.
Senior Planet Startup! : 10 semaines pour structurer son idée, se former au numérique et apprendre à se lancer en ligne.
Le programme Blissen propose même un bootcamp virtuel de 3 mois pour aider les futurs entrepreneurs séniors à transformer leurs idées en projet concret.
Idée : Il y a peut-être une piste à suivre autour des startups studios / incubateurs spécialisés sur l’entrepreneuriat de séniors. Ils ont visiblement plus de succès que la moyenne, mais ont besoin d’accompagnement.
Les startups se créaient dans des garages. Elles vont bientôt se créer depuis des placards, et les faire exploser !
3. Défis 🤓 : Sortir les séniors du placard
Se raconter autre chose
Commençons par implanter dans les esprits un nouveau récit qui inverse le paradigme de l’âge. Et si, contrairement à tout ce qu’on nous a raconté jusqu’à présent, l’âge faisait la force des entreprises ?
Je te fais le scénario des séniors en 2040 en 3 lignes ?
Embaucher des personnes de 55 ans est de plus en plus difficile. Tout le monde se les arrache. Les séniors ne sont plus un poids, ils sont un levier. Leur expérience et leur recul créent une valeur introuvable ailleurs. Ils font frémir la concurrence.
Pourquoi ces nouveaux récits ? Pour leur pouvoir de persuasion. Ils façonnent notre imaginaire, nous inspirent, influencent notre regard sur le monde et dessinent notre vision de l’avenir.
Alors, même si bon nombre de récits célèbrent encore la jeunesse (les “30 Under 30” de Forbes français ou américains, le TOP 35 Positiv/Les Echos, le Choiseul 100… ) d’autres mettent enfin la lumière sur des travailleurs plus âgés :
Forbes et son “50 Over 50”, dédié aux femmes. Qu’on voit moins souvent sur Linkedin bizarrement 🙃.
Le Club Landoy qui rassemble les entreprises qui voient le vieillissement comme un moteur d’innovation sociale.
Des grands groupes comme Axa et sa campagne “L’Audace n’a pas d’âge”, qui met en avant des parcours de carrière relancés à 50 ans et plus (Thierry Marx, Valérie Damidot, David Douillet…).
On est nombreux à savoir que Mark Zuckerberg a créé Facebook pendant ses études à Harvard. Mais combien savent que Arianna Huffington lance Le Huffington Post à 55 ans ?
Il est urgent de se raconter ces histoires d’innovateurs plus âgés. En voici quelques-unes de plus :
Charles Ranlett Flint crée IBM à 61 ans en 1911. L’entreprise deviendra un géant de la tech.
Bernie Marcus crée Home Depot à 50 ans et révolutionne le secteur de l’amélioration de l’habitat.
Patrick O. Brown fonde Impossible Foods à 57 ans. Il invente le burger végétal culte.
Faciliter leur insertion pro
Des dispositifs concrets existent déjà pour aider les séniors à être recrutés. Certains sont même très alléchants, regarde :
En Île-de-France, le programme Atout Sénior propose 8 mois de reconversion pro. Au menu : accompagnement, montée en compétences et retour à l’emploi.
Aux États-Unis Google.org a donné 10 millions de dollars pour le programme Digital Skills Ready@50+. Objectif ? Combler les lacunes digitales de 25 000 personnes de plus de 50 ans à faibles revenus. Premières cibles : les femmes et les profils issus de la diversité.
Pour que l’embauche des séniors devienne un réflexe généralisé, il va falloir se battre encore un peu. En attendant on peut rediriger les séniors vers les employeurs qui se bougent déjà.
Certaines plateformes ont eu la bonne idée de les recenser et de mettre en relation profils séniors et employeurs :
C’est le cas de XpertZon en France, de SeniorsAtWork en Suisse, ou encore de Rest Less en Grande-Bretagne.
Pour ces initiatives hip hip hip ?
Innover dans le mode de travail
Tous les 55+ ne veulent pas devenir startupers. Ça ne correspond (heureusement) pas à tout le monde. Voilà 4 modèles à creuser :
Le freelancing pour les séniors est un modèle en pleine croissance :
Ça permet une flexibilité horaire et géographique et ça peut même être cumulé avec la retraite.
On pense par exemple à tous les managers de transition.
Le temps partiel est aussi une bonne solution :
C’est le cas de ces médecins retraités qui remettent la blouse à Paris, au centre expérimental d’Odon Vallet. Ils font appel à d’anciens professeurs d’université un jour par semaine, en les déchargeant des tâches administratives.
D’autres médecins retraités depuis moins de 5 ans prêtent main-forte à l’association Médecins solidaires pour lutter contre les déserts médicaux.
Le mentorat sénior est aussi un super levier pour bénéficier de l’expérience des profils en fin de carrière.
L’idée est de leur permettre de devenir des “formateurs internes” pour accompagner les plus jeunes. Selon leur expérience et leur profil ils peuvent accompagner sur les soft skills, le métier de l’entreprise, les codes qu’il faut intégrer pour mieux comprendre la culture de la boîte, ou celle des principaux clients. En plus de leur offrir une forte reconnaissance, ça crée une vraie cohésion intergénérationnelle. Génial ;)
Chez SAP, une société de logiciels, ce type de programme a déjà fait grimper la satisfaction des salariés de 23 %.
Des boîtes comme ELO accompagnent les entreprises dans ces initiatives. D’autres, comme le programme Octave organisent des séminaires intergénérationnels et rassemblent jusqu’à 4 générations.
Et parfois il faut même penser différemment.
Le mécénat de compétences est génial pour finir sa carrière en beauté :
L’idée est de mettre leur savoir-faire au service de projets d’intérêt général, sur leur temps de travail et pour une durée limitée. Tout le monde s’y retrouve ! Les séniors sont super bien valorisés pour ces missions. L’entreprise bénéficie de 60% du salaire chargé déductible d’impôts. Et la collectivité profite d’un projet d’intérêt général boosté par une personne expérimentée.
En France, 40 % des entreprises engagées dans le mécénat de compétences le pratiquent avec le public sénior.
Servier a lancé en 2023 un dispositif dédié par exemple. Ils proposent à des salariés expérimentés d’aller s’engager dans des projets qui leur tiennent à cœur.
Et ils bossent pour quels projets ces séniors du coup ? De l’autre côté ça donne par exemple 110 collaborateurs expérimentés qui se sont engagés chez Habitat et Humanisme (logement solidaire).
Idée : la plupart des boîtes sont éloignées de tous ces modèles possibles d’évolution pour leurs salariés séniors. Et si tu lançais une plateforme pour les accompagner ?
L’intrapreneuriat des séniors est aussi à pousser.
Devenir “intrapreneur”, c’est lancer un projet entrepreneurial à l’intérieur d’une entreprise. Souvent comme une nouvelle filiale.
Les profils expérimentés sont souvent de vrais développeurs, et ils créent visiblement plus de valeur que les débutants.
Pourquoi ne pas leur proposer des tracks d’intrapreneurs ?
Idée : Un modèle pourrait exister où tu accompagnes les grandes entreprises à lancer des boîtes en interne grâce à leurs profils les plus séniors ?
Transformer la culture des boîtes
Les dirigeants français commencent à prendre au sérieux le leadership lié à la longévité. Et dès qu’on se met à réfléchir à l’utilité des 55+ dans les boîtes, de nouvelles idées émergent.
Par exemple je ne t’apprends rien, mais tout le monde vieillit. Les équipes, mais aussi les clients non ? Et on ne consomme pas de la même façon à 20 ans qu’à 60 ans… Alors quoi de mieux qu’une boîte dont les équipes sont à l’image de leurs clients ? Pour mieux les comprendre et intégrer leurs besoins ?
Et puis évidemment l’expérience des 55+ est tout simplement sous cotée aujourd’hui dans les équipes.
Expertise en gestion, finance, stratégie, réseau solide, forte crédibilité, stabilité émotionnelle, résilience… l’apport des séniors est précieux.
Leurs profils matchent plutôt bien avec la nouvelle génération qui voit bien la complémentarité. Il faut transformer la culture des entreprises.
De belles initiatives émergent :
Les grosses entreprises montrent l’exemple de la diversité intergénérationnelle. C’est le cas du plan L'Oréal Pour Toutes les Générations.
Club Landoy et sa Charte 50+ : déjà signée par 306 organisations. Elle repose sur 10 engagements clés en faveur des plus de 50 ans : recrutement, formation, maintien dans l’emploi, évolution, santé, bien-être… Est-ce que ça marche ? Le Club a défini des indicateurs de performance (KPI), qui permettent aux signataires d’évaluer leur point de départ et de mesurer leurs avancées dans le temps. Tu veux que ton entreprise rejoigne le mouvement ? C’est par ici.
La charte d'engagement des +50 ans dans la tech. Seulement 2,4 % des salariés du monde de la Tech en France ont plus de 55 ans. Alors que le secteur a du mal à recruter. Les clichés ont la vie dure. Pour beaucoup, un profil qui a 50 ans n’est pas digital native. Alors qu’il utilise le digital chaque jour depuis plus de 20 ans…
Pour engager ta boîte tech dans cette initiative, c’est par ici.
Atos a lancé un programme pour booster les compétences de ses 21 000 employés âgés de plus de 50 ans. Chacun a choisi ses objectifs, ses cours, les certifications dont il avait besoin… et tout ça, gratuitement. Joli ;)
Y’a plus qu’à !
Et voilà, c’est terminé pour ce Plongeon. J’espère que ça t’a plu.
🙏 Énorme merci à Delphine, Lyne, Alice et Mathilde pour la coécriture.
Merci aussi à Pierre et sa super newsletter, il m’aide à communiquer ce contenu au plus grand nombre, notamment par Linkedin.
J’ai deux derniers services à te demander :
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À très vite,



Bonjour Guillaume, et merci pour cette newsletter.
Je mettrai toutefois deux bémols. Premièrement, la question de l'âge ne se pose pas uniquement à partir de 50 ou 55 ans. Certains recruteurs reconnaissent presque ouvertement que le CV d'une personne de plus de 40 ans n'est même pas regardé. Or, à cet âge, si on a commencé à travailler à 25 ans, on a 15 ans de carrière derrière soi et encore 25 devant, donc on n'en est même pas à la moitié.
Deuxième bémol : le nombre d'entrepreneurs qui augmente avec l'âge peut aussi en partie s'expliquer par le fait que le marché du travail classique rejette les personnes concernées. Il est alors possible que la création d'entreprise soit un choix par défaut.
Merci de zoomer sur un sujet professionnel encore tabou et de donner un autre regard.